Sénégal: La clandestinité des homosexuels facteur de propagation du VIH/sida

Rédigé par Nicolas le vendredi 31 juillet 2009 à 17:04 dans la catégorie International. Vous pouvez suivre les commentaires à cet article grpace au RSS 2.0. Vous pouvez laisser votre avis sur cet article

Avec un taux de prévalence de plus de 20 % et neuf sur dix ayant des rapports sexuels avec des femmes, les homosexuels constituent un groupe à haut risque pour la transmission du VIH/sida au Sénégal. C’est pourquoi, si l’on n’y prend garde, le retour dans la clandestinité de ces groupes dits vulnérables risque de devenir une source de propagation de la pandémie sur le plan national.

« Le taux de prévalence du VIH/sida est de 21,8 % chez les homosexuels et de 19,8 % chez les travailleurs du sexe, contre 0,7 % dans la population générale. Neuf homosexuels sur dix ont des rapports avec des femmes. Et, un rapport anal sur quatre (25%) n’est pas protégé ». C’est ainsi qu’Abdoulaye Sidibé Wade, le chef de la division lutte contre le sida/IST (Infections sexuellements transmissibles) présente la « Situation du VIH/sida chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes au Sénégal ». C’était hier mercredi 22 juillet 2009 lors de la table ronde sur « Le VIH/sida et l’Homosexualité au Sénégal : état de la recherche interdisciplinaire » à l’Ucad-II à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar.

Cette rencontre qui entre dans le cadre de l’école doctorale Science de la vie, de la santé et de l’environnement de Ise a été organisé par le programme Sahara (Social aspects of Hiv.Aids and health research alliance) et le Club de sociologie de l’Ucad. Selon Aboulaye Sidibé Wade, en 2004, une première étude épidémiologique sur 463 homosexuels âgés de 18 ans et plus recrutés par « méthode boule » dans les villes de Dakar, Thiès, Mbour, Kaolack et Saint-Louis a montré des résultats inquiétants : une haute prévalence de 21,5 %, des pratiques sexuelles à haut risque.

Une autre enquête a été menée en 2007 (ELIHoS Project –Anrs 12139-) pour évaluer les effets des interventions en direction de ces homosexuels, mesurer l’évolution des prévalences Vih et Ist entre 2004 et 2007 et observer l’impact des actions de sensibilisation sur la « prise de risque » des homosexuels par rapport aux Ist et Vih. La comparaison des résultats de ces deux études montre une légère baisse du taux de prévalence grâce aux prises en charges, aux actions de sensibilisation et de plaidoyer.

A l’en croire, sur un échantillon représentatif de 400 et 501 homosexuels, respectivement en 2004 et 2007, le taux de prévalence est de 68 % sur 297 personnes concernées contre 61 % pour 306 individus examinés à Dakar. A Saint Louis, ce taux est de 10 % sur un échantillon de 45 homosexuels et 19 % sur 95, alors qu’à Thiès et Mour, les résultats de ces enquêtes font état respectivement de 22 % sur 98 cas et 20 % sur 100.

Et le chef de la division Sida/Ist de poursuive que, les rapports hétérosexuels sont fréquents. Mais ils sont moins protégés que les rapports homosexuels. Et si l’on n’y prend garde, la stigmatisation et le retour à la clandestinité de ces groupes dits vulnérables va constituer un véritable facteur de propagation du Vih/Sida au sein de la population. Car, non seulement ces groupes ne prendrons plus des Anti-rétroviraux (Arv) mais ils continueront à avoir des rapports sexuels avec des femmes.

C’est pourquoi l’on ne doit pas s‘appesantir sur nos croyances, mais mettre en avant la santé des populations dans le traitement de cette question sensible. Mieux, ceci devrait être pris en compte dans les futures campagnes de prévention. Toutefois, précisent les participants, il ne s’agit pas « d’encourage l’homosexualité, mais de protèger la santé des Sénégalais ».

source: sudonline.sn

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