Les électeurs de la quatrième plus grande ville des États-Unis ont choisi, samedi, de porter à la tête de la capitale de l’industrie pétrolière américaine, une homosexuelle de 53ans.
«Cette nuit, le peuple de Houston a ouvert les portes de l’Histoire!». Annise Parker n’a pas tort de parler de phénomène historique. Même si l’électorat de cette grande ville vote traditionnellement démocrate au coeur d’un Texas massivement républicain, il n’était pas si aisé de confier son sort à une femme qui revendiquait haut et fort son homosexualité. Mais cette conseillère municipale devenue maire adjointe chargée des Finances (un poste obtenu par le suffrage universel) a eu la sagesse de ne jamais faire campagne au quotidien sur son appartenance sexuelle. Pendant des mois, cette blonde quinquagénaire énergique a sillonné les banlieues de cette immense cité en mettant en avant son bilan économique et des promesses de «vivre ensemble». Afin de fédérer davantage les noirs des banlieues-sud, les blancs de la middle class ravagée par la crise économique jusqu’à la haute bourgeoisie qui a fait fortune dans le pétrole ou l’industrie spatiale.
Si elle a remporté l’élection avec près de 53% des voix, c’est parce que son adversaire, le juriste noir Gary Locke chargé des questions de sécurité à la mairie, a mené une campagne négative et très agressive. Se refusant à attaquer Annise Parker sur son orientation sexuelle, il a préféré exploiter son inexpérience sur le terrain de la criminalité dans une ville qui possède le troisième plus fort taux de meurtres aux États-Unis. En sous-main, des comités de soutien conservateurs et des ligues de pasteurs ont tenté de dénigrer l’homosexualité d’Annise Parker et de sa compagne, Kathy Hubbard, toutes deux ayant adopté et élevé deux enfants devenus grands, un géant noir prénommé Jovan et Marquita, d’origine latino. Leur argument étant qu’il était inadmissible d’élire une lesbienne dans un État qui avait, d’ores et déjà, repoussé toute tentative de légaliser le mariage homosexuel et dans une ville qui avait refusé d’accorder les mêmes droits à ses fonctionnaires homosexuels. Jusqu’à présent, seules des petites villes américaines d’États «libéraux» de gauche, comme Portland, dans l’Oregon, Providence, dans le Rhode Island ou Cambrige, siège d’Harvard, dans le Massachussets, avaient franchi le pas. Mais Houston!
«Tous Américains»
Un exploit qui rappelle cette petite phrase de Barack Obama dans un discours à la Convention démocrate de 2004 qui l’avait propulsé au sommet de la politique américaine: «Nous sommes tous Américains, nous aimons bien entraîner nos enfants au foot le dimanche dans les États qui votent démocrate, mais nous avons aussi des amis homosexuels dans les États qui votent républicain!»
source: letelegramme.com





