A Montpellier, quinze mille personnes et vingt-quatre chars défileront, le 6 juin, dans le cadre de la 15 e édition de la Gaypride, sur le thème “À quand le courage politique ?” Cette année, le mouvement Lesbian & Gay Pride LGP, présidé par Vincent Autin, reviendra sur les émeutes de Stonewall (New York) en 1969, berceau de la lutte homosexuelle.
Cette commémoration sera aussi l’occasion de remettre les revendications au goût du jour et rappeler les hommes politiques à leur devoir. « Les droits sur l’égalité n’ont pas évolué depuis l’instauration du Pacs, en 2001. La France est très en retard sur ses voisins européens, nous sommes passés d’un pays avant-gardiste à retardataire et il serait peut-être temps d’y remédier. Les citoyens sont prêts au changement et le nombre grandissant
de participants aux Gaypride et là pour le prouver », rappelle Vincent Autin.
Et c’est un fait. Les projets de loi destinés à la communauté homosexuelle sont à la traîne (l’union civile de Nicolas Sarkozy ?) et les discriminations en tout genre demeurent. Face aux nombreuses interdictions auxquelles ils sont soumis – don du sang, mariage, parentalité ou encore droit de succession – il est légitime que les gays, lesbiennes, et transsexuels se demandent si leurs mobilisations auront un jour un impact sérieux sur la politique. « On ne veut pas être des citoyens de seconde zone, on veut avoir le choix comme tout le monde, c’est tout », déclare Élodie Brun, coordinatrice de la LGP.
Les militants dénoncent un système figé où les stratégies de séduction de l’électorat au moment des votes vont bon train et semblent fatigués des effets d’annonce sans suite. Ils se demandent où est l’égalité de tous si chère à la France et attendent des changements concrets.
Ce nouveau rendez-vous sera donc un rappel aux principes des droits de l’homme et ce qu’importe son orientation sexuelle. Ce sera un moment propice à l’échange où les gens pourront s’informer et s’orienter, voire s’affirmer au milieu d’une foule où il leur est possible de rester anonyme. Des chars de la CGT et de la CFDT seront là pour rappeler aux gens que l’homophobie persiste dans le monde du travail. Tous les sujets seront traités. Les organisateurs de la LGP veulent profiter de cette journée de mobilisation pour sensibiliser la population à une réalité qui ne peut plus être occultée, un appel à la tolérance réciproque.
Nabil HAJJI
source :midilibre.com








