Le Paris Foot Gay, qui a fait l’actualité il y a quelques semaines, n’est pas seul sur sa planète. Une trentaine d’associations sportives regroupant principalement des homosexuels des deux sexes se sont développées depuis quinze ans. À Rennes, GLS, créée il y a un an, connaît un joli succès.
Un soir de décembre dans un gymnase de Rennes. À droite, les femmes; à gauche, les hommes. Les journées de travail glissent avec les vêtements sur le carreau des vestiaires.
«Tu veux être sur la photo?»
Volleyeurs ou amateurs de badminton, ce sont des sportifs qui sortent des sas. On est à l’entraînement, pas d’uniforme dans la tenue. À mesure qu’ils grossissent les rangs après s’être extirpés des bouchons, les retardataires saluent ceux qui ont déjà commencé l’échauffement. La bise pour tout le monde. Volley, badminton. Steven Lardeux, sportif élancé, informaticien de 35 ans à la ville, va d’un groupe à l’autre: «Tu veux être sur la photo?». Sur les 20 présents, la moitié accepte. «Certains sont chefs d’entreprise ou ont un travail en lien avec de la clientèle; ils ne peuvent pas s’afficher comme homosexuels», explique le président fondateur de GLS (pour Gays, Lesbiennes, Sports). L’association fêtera son premier anniversaire le 6janvier, mais sa genèse remonte à deux ans. «J’ai vécu plusieurs années à Paris où je m’étais épanoui dans des associations sportives. Quand je me suis installé à Rennes et que j’ai vu qu’il n’y en avait pas…».
«Il y avait un besoin»
La demande en préfecture, celle des créneaux en mairie, la première réunion… Steven Lardeux raconte une naissance sans nuages. Et un incroyable succès. «On est 75, dont 31% de filles. Mais on est potentiellement 100 avec les 25 personnes en liste d’attente, faute de créneaux disponibles. Il y avait un besoin». Pour 25euros l’année, les adhérents de GLS peuvent également pratiquer la rando et la natation. Le tennis, le tennis de table et le cinéma sont en projet. Mais GLS est peut-être le club omnisports le moins cher de la place. Mais ce n’est pas la motivation première des adhérents. «On est un club ouvert. Il y a quelques hétéros… même si on ne pose jamais la question à personne». On en arrive alors à l’incontournable question:pourquoi ce besoin de se regrouper ainsi? «Quand on n’est pas branché internet, qu’on n’aime pas les bars, les boîtes ou les saunas, c’est un moyen de rencontrer des gens comme nous. C’est surtout un lieu de convivialité où on ne ressent pas de gêne à venir en couple au barbecue de fin d’année».
«Des gens lamdas qui font du sport»
L’ouverture est bien réelle cependant. «Au niveau du badminton, on s’est inscrit dans le championnat corporatiste… et communautaire. Ils ont ajouté le mot pour nous. On joue contre Citroën, France Télécom… les grosses boîtes de Rennes». Avant ou après le match, il se trouve toujours quelqu’un pour demander: «GLS, c’est quoi comme boîte?». «Quand on leur dit qui on est, ils sont surpris. Mais quand on leur explique pourquoi on est ensemble, ils comprennent. Ce qu’on fait est vachement efficace contre l’homophobie parce qu’ils voient qu’on est des gens lambdas qui font du sport. Et en plus, on gagne». Steven Lardeux sourit et fait parler sa culture d’enfant de la pub. «Et puis il y a le double effet Kiss cool: au sein de l’équipe, c’est dans ce genre de rencontres que certains avouent pour la première fois leur homosexualité. C’est hyperpositif. C’est une bouffée d’air incroyable».
source: letelegramme.com




