Souvenez-vous, Thamesmead, cité ouvrière de la banlieue londonienne écrasée par le soleil… Deux adolescents se morfondent : Jamie est rejeté par ses camarades de classe et sèche les cours. Ste est maltraité par son père et son frère. Pour échapper à la violence des siens, Ste trouve fréquemment refuge chez Jamie et sa mère. Peu à peu les deux garçons se rapprochent et tombent amoureux, au rythme des chansons de Mama Cass que leur excentrique voisine idolâtre. D’abord caché, leur amour finira par éclater au grand jour dans un coming out final d’anthologie…
Avant de devenir un film mythique pour toute une génération d’homos lors de sa sortie salles en 1996, “Beautiful thing” fut une pièce de théâtre à succès. Son jeune auteur, Jonathan Harvey (24 ans au moment de l’écriture) cherchait à bousculer les préjugés, encore tenaces à l’époque, en donnant une image positive et ouverte de l’homosexualité. Pour lui, “Beautiful thing” devait être “un antidote au film “Maurice” autre œuvre gay culte qui décrit, lui, une homosexualité chic et discrète à laquelle il était assez difficile de s’identifier. Résultat : un conte de fées urbain où l’amour finit par l’emporter sur le regard des autres, la magie sur la dure réalité d’une vie en banlieue. Et surtout, un film léger, évident, permettant à chacun une identification pleine d’espoir. Huit ans après, le message du film n’a pas pris une ride : pauvres, riches, hétéros ou homos, nous avons tous droit à l’ivresse du sentiment amoureux, à notre “Beautiful thing” !




