Le tennisman Bill Tilden dès les années 1920. Ses cadettes Billie Jean King, Martina Navratilova et Amélie Mauresmo au fil du temps. Le plongeur Greg Louganis. La basketteuse Sheryl Swoopes. Le rugbyman Gareth Thomas. On n’a pas besoin de tous ses doigts pour compter les vedettes du sport international ayant révélé leur homosexualité.
La souffrance de ceux qui se taisent
La liste ne comporte aucun footballeur. La fin tragique de Justin Fashanu, seul professionnel de l’histoire à avoir fait son coming out, en a sans doute refroidi plus d’un: rejeté par le milieu, puis accusé d’agression sexuelle, il se suicida en 1998 à l’âge de 37 ans. Près de vingt ans après les révélations de Fashanu(en 1990), celles toutes fraîches – le 19décembre- de le joueur le plus capé de l’histoire du rugby gallois, marquent peut-être le début de la fin du tabou dans l’univers des sports de balle. La confession de l’ancien joueur du Stade Toulousain au Daily Mail a surtout pour mérite de montrer que la souffrance de ceux qui se taisent n’est pas forcément moins grande: «Je pouvais me comporter comme un vrai macho sur un terrain parce que je ne voulais surtout pas que l’on découvre ma nature profonde. Mais renoncer pendant aussi longtemps à ce que vous êtes réellement fini par vous plonger dans un sentiment de honte et de solitude».
Carole et Jessica couple olympique
«Je ne me suis jamais cachée», affirme en revanche la triathlète bretonne Carole Péon, qui a grandi à Saint-Lunaire, près de Dinard (35). Elle s’est pacsée il y a deux mois avec une de ses coéquipières de l’équipe de France, Jessica Harrisson, qui a participé comme elle aux Jeux olympiques de Pékin. Les deux femmes, qui vivent ensemble et au grand jour depuis plusieurs années, n’ont que très rarement eu à souffrir d’homophobie. «Si j’en ai souffert, plus jeune, c’est uniquement vis-à-vis de moi et de ce que j’imaginais qu’allaient penser les gens. Mais quand j’ai décidé de le dire, jamais personne n’a mal réagi en fait». La Bretonne n’en conclut pas que le monde du sport est plus ouvert que la société dans son ensemble. «En tant qu’athlètes de haut niveau, nous sommes un peu dans notre bulle. La vraie vie, peut-être que je ne la connais pas en fait… Et puis, il me semble que c’est plus facile pour les filles. D’ailleurs, dans le triathlon international, apparemment il n’y a qu’un seul homo. Vous voyez ce que je veux dire…». On lui a expliqué un jour, foi de sociologues et psychologues, qu’«au niveau de l’homophobie, plus on va vers des sports d’équipe et masculins, pire c’est». Bien qu’ayant pris un autre chemin, Carole Péon comprend donc très bien que certains se dissimulent: «Imaginez être gay sur un terrain de foot!». Elle partage néanmoins l’espoir qui emplit les forums gays depuis huit jours: qu’un footballeur international de renom emboîte le pas de Gareth Thomas. Enfin!
source: letelegramme.com




